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Le calcaire

Le calcaire est une roche sédimentaire facilement soluble dans l'eau. Elle est composée de carbonate de calcium et de carbonate de magnésium. Selon la géologie des sols traversés avant d'atteindre le robinet, l'eau sera plus ou moins chargée de cette substance naturelle. Sa teneur peut varier de 1 à 150 mg / l. Lorsqu'il se dépose dans les canalisations ou sur les robinets on l'appelle tartre.

calcaireNécessaire à la santé
Aucune norme n'est prévue pour définir la potabilité de l'eau en fonction de sa teneur en calcaire, parce qu'il ne présente pas de risque sanitaire. Au contraire le calcium est même nécessaire à la santé, notamment pour la constitution du squelette, des dents et des ongles. On établit que le corps humain doit ingérer de 0,7 à 2 grammes de calcium par jour.

Eau dure
Le calcaire provoque cependant d'autres désagréments. Il peut être très agréable et parfois indispensable d'en limiter la teneur. Lorsqu'une eau est très chargée de calcium et de magnésium on parle « d'eau dure ». Cette dureté se calcule en degrés français (°f). 1°f = 10 mg de calcium et de magnésium par litre d'eau. Pour être confortable une eau doit se situer entre 15 et 20°f.

Eau filtrée, goût amélioré
On fixe le seuil de détection gustative entre 100 et 300 mg par litre. Une eau filtrée ou purifiée (dont le seuil n'est pas inférieur à 10°f) offre un grand confort. Elle améliore la texture des aliments cuits à l'eau, le goût du thé et du café est bien meilleur. De plus son contact avec la peau est plus agréable. Certaines personnes qui développent des allergies cutanées au calcaire sont soulagées par l'utilisation d'une eau plus douce. De plus, les fleurs arrosées avec de l'eau plus douce ont une durée de vie plus longue et un épanouissement plus flagrant.

Que d'économies
Réduire la teneur en calcaire de son eau contribue à réduire le dépôt de tartre sur les bouilloires et cafetières mais également sur l'ensemble des canalisations et autres équipements électroménagers. La durée de vie du matériel est plus longue. Enfin, l'utilisation de shampoing et autres produits de lavage sont toujours nécessaires mais en moins grande quantité. L'installation d'un adoucisseur permet de réduire considérablement l'ensemble des dépenses d'un ménage.

 

Les autres polluants

Le développement et la diversification des activités humaines ont généré l'apparition de nouveaux polluants. L'une des priorités de la recherche sur le traitement de l'eau est d'abord la mise au point d'outils de mesure adaptés avant de combattre ces polluants émergents.

La pollution métallique
La pollution métallique (plomb, zinc, cadmium, cuivre, aluminium. ) pose un problème particulier car elle n'est pas biodégradable. Ainsi, ces matériaux se concentrent et peuvent atteindre des taux très élevés, donc très toxiques, en bout de chaîne alimentaire. Certains rejets d'usines en sont une cause directe : le cadmium ou le chrome pour les tanneries, le mercure pour les papeteries. Certains épandages peuvent être également à l'origine de ce type de pollution. D'autres origines sont plus insidieuses : des retombées des poussières atmosphériques émises lors de l'incinération de déchets ou d'essence (plomb) le ruissellement des eaux de pluie sur les toitures et les routes (zinc, cuivre, plomb).

Le mercure
Des milliers de tonnes de mercure sont rejetées chaque année dans les cours d'eau. Les composés mercuriels sont particulièrement dangereux pour le cerveau où ils s'accumulent. En France, la région Rhône Alpes est celle qui rejette le plus de mercure dans les eaux fluviales, mais les taux restent assez faibles, de l'ordre de 0,5 tonnes par an. La pollution la plus importante vient des rejets atmosphériques (15,8 tonnes par an) lors de l'utilisation de combustibles fossiles ou de l'incinération de déchets.

Le plomb
Il peut provenir de la corrosion des tuyauteries des anciens immeubles. Elles sont interdites depuis 1995 mais il en subsiste encore un certain nombre.Les personnes les plus exposées au saturnisme, maladie liée au plomb, sont les plus jeunes.
Il se manifeste par des troubles neurologiques divers : maux de tête, trouble de la mémoire.

Les bactéries, les phosphates, et tous les autres
Parmi les bactéries, les légionelles sont les plus célèbres. Elles vivent dans les eaux douces de surface et parviennent parfois à coloniser certains milieux artificiels tels que les réseaux d'eau chaude sanitaire, les climatisations. Leur développement est favorisé par une stagnation de l'eau, une température comprise entre 20°C et 45°C et un fort entartrage des canalisations. Les phosphates rejetés dans l'environnement proviennent de sources agricoles et industrielles, de déjections humaines et de détergents ou lessives phosphatées. Ils contribuent à déstabiliser les milieux aquatiques en les enrichissant exagérément en matières organiques. Les risques de pollution radioactive sont liés aux accidents potentiels. Après celui de Tchernobyl des taux anormalement élevés de césium radioactif ont été retrouvés dans des bassins versants français.

 

Les pesticides

Les pesticides sont des substances chimiques destinées à protéger les végétaux contre la voracité des insectes ou les mauvaises herbes. Derrière ce terme générique plus de 800 substances chimiques sont concernées : insecticides, fongicides, herbicides. L'agriculture en est la principale utilisatrice, mais les particuliers et les municipalités en font également usage pour préserver jardins et espaces verts. La France s'illustre en étant le premier consommateur européen de pesticides avec 95 000 tonnes par an.

pesticideUne pollution très diffuse
Une grande quantité des pesticides ne reste pas sur place une fois épandue. Au contraire, ces produits souvent très volatiles ont une forte tendance à se disséminer dans l'atmosphère et à retomber dans les plans et cours d'eau qu'ils contribuent à polluer. D'autres s'infiltrent par les sols jusqu'aux nappes souterraines ou sont drainés vers les milieux aquatiques par la pluie.  Il s'agit donc d'une pollution très diffuse qui se répand dans toutes les sources : cours d'eau, zones littorales, eaux souterraines.

Des normes drastiques mais...
Face à l'utilisation croissante de ces produits phytosanitaires, la dépollution s'est intensifiée. Ainsi, le nombre de contrôles de potabilité s'est accru. Des normes ont été établies pour protéger la santé des consommateurs. La présence de chaque substance ne doit pas dépasser 1 millième de milligramme par litre, et la concentration totale doit rester en deçà de 0,5 millième de milligramme. Malgré toutes ces précautions, la présence de ces nouveaux corps dangereux a lieu d'inquiéter les consommateurs. Et si l'un d'entre eux passait les barrages dressés sur sa route jusqu'à nos robinets ?

Une famille disparate, des dangers méconnus
La plupart de ces produits sont toxiques pour l'homme. Difficile cependant d'évaluer précisément leurs effets néfastes car ils constituent une famille très disparate. La transformation de certaines de leurs molécules en d'autres substances rend l'analyse complexe. Leurs capacités de nuisances sont très diverses : certains sont beaucoup plus toxiques que d'autres, certains sont très persistants dans le temps.

Des menaces connues sur la santé
Les principaux griefs imputés aux pesticides sont les troubles hormonaux avec des dérèglements des systèmes nerveux, immunitaires et reproducteurs. Ils sont également soupçonnés d'être à l'origine de l'apparition de certains cancers : sein, testicule, prostate, et de faciliter le déclenchement de crises d'asthme.

 

Les nitrates

Excellent solvant, l'eau transporte toujours une certaine quantité de corps étrangers. Durant son parcours jusqu'à nos robinets, elle se charge d'une multitude d'éléments. Certains, substrats des activités humaines, sont nocifs pour la santé. C'est le cas des nitrates.

L'agriculture première responsable
La pollution par les nitrates est apparue à la fin des années 50. Depuis elle ne cesse de s'accroître. L'activité agricole est la première responsable de cette situation à cause de l'utilisation massive d'engrais. On trouve les plus fortes densités de nitrates dans les zones de cultures céréalières et maraîchères. Ainsi la Bretagne et le Poitou Charentes sont parmi les quatre régions les plus polluées de France.

La situation s'aggrave
Les nitrates sont des nutriments pour les plantes, ils sont même indispensables à leur croissance. L'excédent non consommé par les végétaux génère de la pollution. Les microorganismes présents dans la terre stockent ce surplus et le rejettent en se décomposant. La lenteur de ce mécanisme induit donc que la pollution d'aujourd'hui ne date pas des épandages récents. Elle est le produit d'un long processus d'ingestion par le sol et d'infiltration de l'eau vers les nappes phréatiques. Ainsi le problème s'accroît d'année en année par accumulation. On sait qu'il faudra plusieurs décennies pour faire revenir les taux à la normale.

Les dangers pour la santé
L'intoxication survient lors d'une ingestion massive de nitrates et au moment de leur transformation en nitrites par le système digestif. Ils peuvent provoquer de graves maladies, parfois mortelles notamment pour les nourrissons. Ils perturbent la capacité du sang à transporter l'oxygène. Les symptômes sont donc l'essoufflement et la coloration bleue de la peau. Les nitrates peuvent provoquer une multitude d'autres graves perturbations : des cancers gastriques, des troubles vasomoteurs, de l'hypertension...

Une technologie de pointe
La composition physico chimique de base de l'eau peut révéler entre 0.1 et 1 m / l de nitrates. L'Organisation Mondiale de la Santé a fixé à 50 mg/l le seuil de tolérance à ne pas dépasser pour pouvoir considérer l'eau comme potable. Le traitement est de plus en plus compliqué et demande des innovations constantes. Tous les équipements destinés à assainir l'eau, comme les osmoseurs par exemple, sont dorénavant dotés d'une véritable technologie de pointe. Une directive de l'Union Européenne datant de 1983, mentionnait une valeur guide de 25 mg/l de nitrate.Aujourd'hui, la Norme Européenne autorise un taux de nitrate maximum de 50mg/l, sur une recommandation de l'OMS.